Une bonne éducation de Sylvia Tabet

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Publié par les éditions Dialogues

237 pages

19,90 euros

première publication: 2013

Résumé:

Anne, la narratrice, Alice et Romain avancent main dans la main dans une vie qu’on pourrait croire douce. Promenades au Champ de Mars, au pied de l’immeuble familial, équitation, prestigieuse école privée… Sœurs et frère, ils reçoivent cette bonne éducation des grandes familles bourgeoises, qui enseigne aux enfants culture, droiture, respect. Mais quand le vernis craque, quand la violence s’insinue, quand la famille se décompose, ce voile de bonnes manières les réduit au silence et les consume à petit feu. Heureusement, peinture, littérature, musique apportent espoir et réconfort. Et puis il y a June, la jeune fille au pair, Adélaïde et Marianne, les grands-mères attentives, et le cheval, le Pays de Galles et la Normandie – rêves et instants de liberté.

Dans ce roman d’apprentissage, la cadette délie les mots prisonniers d’une lourde chape de silences et de non-dits. Elle raconte, démêle les souvenirs, souffre, grandit. Et le lecteur absorbe l’émotion qu’offre une narration sensible où pas un mot ne manque, pas un mot n’est superflu. Dans le sillage de François Mauriac et Hervé Bazin, Sylvia Tabet embrasse ici une certaine tradition littéraire française, qui nous convie au plus près de l’intime, du fragile.

Commentaire:

Première rencontre avec les mots de Sylvia Tabet pour ce roman d’apprentissage.

Anne, cadette d’une famille bourgeoise de trois enfants déroule pour nous les souvenirs de son enfance.

Famille bien sous tout rapport qui vit au pied du Champ de Mars et qui possède un immeuble entier, la vie des trois enfants pourrait être un rêve. Pourtant très vite, on sent les fêlures de la narratrice et on comprend que sous le vernis l’horreur est là. Moment après moment, elle nous dévoile ce que fut son enfance et les blessures qu’elle porte encore aujourd’hui.

Je me suis laissée emporter par les mots de l’auteur. On souffre avec la narratrice, on devient un membre de cette famille marquée par la guerre, la mort et la violence.

Les souvenirs ne sont pas dans l’ordre chronologique, mais ils viennent de façon aléatoire comme si chaque souvenir en appelait un autre. Un peu déroutant par moment car certains personnages sont morts à un moment et quelques pages plus loin ils ne le sont plus (puisque l’auteur est revenu dans le passé). Mais très vite on se fait à ce style et on ne peut qu’espérer que la narratrice trouve enfin la paix.

Quatre générations défilent sous nos yeux et par moment j’avoue que j’ai eu du mal à replacer les personnages au bon endroit. Il faut dire que la narratrice sait de qui elle parle, du coup elle se contente de donner le nom sans forcément nous donner les liens avec les autres. Mais cela n’enlève en rien le plaisir que j’ai eu de lire ce roman. De Paris au Nigéria, la narratrice qui avait tout pour être une enfant choyée et gâtée n’est en fait qu’une poupée cassée, qui tente de profiter au maximum des rares instants de bonheur que la vie lui offre. On sent le lien qui l’unit à son père, celui-ci ouvrant et fermant le roman.

Une bonne éducation, oui. Mais surtout beaucoup de non-dits et la règle du silence dans cette famille où on ne parle pas beaucoup.

Je suis ravie de m’être laissée tenter par ce titre car je ne suis pas passée loin du coup de coeur. Je ne peux que vous le recommander si comme moi vous aimer les romans d’apprentissage, intimistes et qui permettent de faire voler en éclat le verni des familles bourgeoises.

Merci aux éditions Dialogues et à Julia pour l’envoi de ce roman!

Le roman sort aujourd'hui en librairie!

Lecture en septembre 2013

Lecture dans le cadre du challenge 1% Rentrée Littéraire 2013: 1/6

challenge 1% 2013